Des vestiges archéologiques sur terre comme en mer

Les premiers témoignages de l’occupation humaine sur le territoire remontent à l’époque néolithique, caractérisée par l’avènement de l’agriculture et la sédentarisation. 
 
Le néolithique (-6000 avant JC/ -2200 avant JC)
Les hommes préhistoriques ont marqué le paysage de leur empreinte par de nombreux monuments cultuels collectifs. Un premier inventaire répertorie ainsi les vestiges de 23 monuments mégalithiques hors-sol dont 13 allées couvertes, 8 menhirs et 2 alignements de menhirs, répartis sur 22 communes du territoire. 4 font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques, et un autre d’une inscription. Il convient d’ajouter à ce compte 13 autres monuments aujourd’hui disparus mais dont l’existence antérieure a été prouvée. Outre les monuments mégalithiques, des gisements beaucoup plus fragiles constituent d’autres traces des hommes préhistoriques sur le territoire : les amas de pierres taillées, d’ossements, de coquillages…
 
La protohistoire : Age du Cuivre, Age du Bronze et Age du Fer (-2200 avant JC/ -50 avant JC)
La période de l’âge du cuivre, relativement courte, n’a pas laissé de traces importantes sur le territoire. L’âge du bronze a permis aux métallurgistes armoricains de se spécialiser dans la fabrication et par la suite dans un type de production de « haches à talon » de type breton, dont plus de 360 ont été retrouvées au lieu-dit le Désert à Calorguen. En outre, des structures de transformation du sel datées de la fin de l’âge du bronze ont été mises à jour. Des fragments de céramique datant de cette époque ont également été retrouvés, révélant des sites artisanaux d’importance, dont le site de l’Homme mort à Saint-Pierre-de-Plesguen, interprété comme les vestiges d’un village de potiers. Les nouvelles pratiques funéraires du début de l’âge du bronze nous laissent encore les vestiges de tombes individuelles appelées « tumulus ». Enfin, des tombes plates ont été découvertes sur le territoire. A l’âge du fer, des structures de transformation du minerai de fer de type bas-fourneaux ont été mis à jour ; et des habitats ont commencé à être implantés plus ou moins temporairement, qu’il s’agisse de constructions sur poteaux ou sur murs de pierres, circulaires ou quadrangulaires. Plus d’une centaine de ces habitats ont été répertoriés dans le périmètre du projet de parc.
 
L’antiquité gallo-romaine (-50 avant JC/ 500 après JC)
Le territoire recèle de vestiges datant de la période gallo-romaine. Du bourg de Corseul transparait l’antique capitale de la cité des Coriosolites, Fanum Martis : bâtiments artisanaux et commerciaux datés du début du Ier à la fin du IVème siècle, voiries. Dominant l’agglomération, la tour romaine du Haut-Bécherel, classée monument historique depuis 1840, s'est avérée être, suite à des fouilles réalisées au 19e siècle, la cella d'un grand temple gallo-romain d'une superficie de plus d'un hectare, le temple de Mars. 
Servant de port fluvial à Corseul, le vicus de Taden, à vocations portuaire et routière, abrite 11 édifices caractérisés par des concentrations de mobiliers ou des structures qui témoignent de l’activité dès le Ier siècle. Reginca-Alet constitue quant à elle le terminus maritime de Taden, à l’embouchure de la Rance. A la fin du IIIème siècle, l’insécurité venant de la mer entraîne une réactivation du promontoire d’Alet. 
La ville s’entoure alors de remparts jalonnés de tours, en moellons de gneiss et de granit consolidés par un hourdis de ciment, dont il demeure quelques vestiges. Enfin, la villa gallo-romaine du Quiou, qui servait à l’exploitation de la chaux au profit notamment de Corseul et de Condate, s’inscrit comme l’une des plus grandes villae rurales de l’ouest de l’Europe.
 
L’archéologie sous-marine et subaquatique
Le territoire Vallée de la Rance-Côte d’Emeraude se démarque également par l’abondance des découvertes archéologiques qui ont été permises par des prospections sous-marines et subaquatiques. Un programme de prospection et d’inventaire des sites archéologiques initié depuis 30 ans se poursuit aujourd’hui, au regard de la richesse potentielle du territoire, en secteur maritime mais aussi fluvial.
Certains éléments identifiés sont considérés comme exceptionnels. On notera par exemple la présence à Saint-Suliac de vestiges d’un camp viking du Xème siècle, ayant servi d’huitrière au XIXème siècle, classé monument historique en 1986 ; ou encore les traces de deux épaves gallo-romaines découvertes en 1995 sur le site des roches de la Natière et devenues site archéologique sous-marin à très forte notoriété. De très nombreuses pièces de mobiliers ont été et sont remontées régulièrement à la surface.