Milieu aquatique : zones humides

Les zones humides jouent un rôle fondamental et multiple dans la reconquête de la qualité de l'eau des bassins versants. Cependant, elles subissent depuis de nombreuses années des  altérations variées : drainages, mises en culture, remblaiements, pollutions....
 
Qu'est-ce qu'une zone humide ?
Il existe de nombreuses définitions. Schématiquement, ce sont des écotones, (zones de transition entre milieu terrestre et milieu aquatique) caractérisés par la présence d'eau, de sols hydromorphes, d'espèces végétales ou animales adaptées et par la présence de plantes adaptées.
Définition du Code de l'environnement : ce sont des "terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année."
Sur le territoire du Contrat territorial Rance Aval Faluns Guinefort, on estime que plus de 10000 ha de terres sont concernés par des zones humides.
 
Quelle est l'importance d'une zone humide ?
Les zones humides assurent des fonctions écologiques et socio-économiques.
Voici quelques exemples :
Facteurs écologiques :
Rôle de filtre épurateur : contribuent au maintien et à l'amélioration de la qualité de l'eau des cours d'eau, en absorbant les molécules polluantes ou en les dégradant via les cycles bio-géochimiques.
Rôle tampon : participent à la régulation des régimes hydrologiques en diminuant l'intensité des crues, en soutenant les débits des cours d'eau en période d'étiage et en participant à l'alimentation des nappes phréatiques.
Réservoir de biodiversité : assurent les différentes fonctions essentielles à la vie des organismes qui y sont inféodés (alimentation, reproduction, abris).
Lutte contre l'érosion : protègent les terres arables en fixant les berges et les rivages grâce à leur végétation.
Facteurs socio-économiques :
Gestion de la ressource en eau : influencent la quantité et la qualité de l'eau destinée à l'alimentation en eau potable et aux besoins liés aux activités agricoles et industrielles.
Production agricole et aquacole : sont utilisées comme herbages, pâturages, élevages, exploitations forestières, pêches, piscicultures, conchyliculture...
Prévention des risques naturels : luttent contre les inondations, limitent l'intensité des effets de sécheresse prononcée, stabilisent et protègent les sols contre l'érosion.
Patrimoine paysager et culturel : forment en quelque sorte la vitrine écologique d'une région contribuant à l'image de marque de celle-ci.
Valeurs touristiques ou récréatives : supports d'activités (tourisme vert respectueux de l'environnement, chasse, pêche, observation de la nature…).
Valeurs éducatives et scientifiques : faire prendre conscience de la diversité, de la dynamique et du fonctionnement des écosystèmes.
 
Comment gérer les zones humides ?
Protection : éviter tout facteur de dégradation, respecter leurs capacités intrinsèques, proscrire leur utilisation artificielle et intensive.
Réhabilitation : retrouver par des actions un contexte favorable au bon fonctionnement de la zone humide dégradée.
Restauration : recréer certaines zones humides disparues ou valoriser des sites potentiels.
Utilisation : pâturage extensif, production de fourrage, bois de chauffe.
 
Les actions de bassin versant en faveur des zones humides 
Inventaires des zones humides : le SAGE Rance Frémur Baie de Beaussais demande depuis 2004 aux communes de réaliser un inventaire des zones humides de leur territoire. Actuellement, la quasi-totalité des communes du territoire possède un inventaire réalisé par COEUR Emeraude.
Conseil et appui aux communes : COEUR Emearaude conseille les collectivités dans leurs projets (aménagements, prise en compte) concernant les zones humides.
 
Restauration de zones humides : Dans le cadre du Contrat territorial, un programme de restauration de zones humides dégradées est mené par Dinan Communauté et COEUR Emeraude. Ce programme s’adresse principalement aux exploitants agricoles et vise la restauration des fonctionnalités de ces zones humides.
Les travaux peuvent être de différentes natures :
- Enlèvement de drains, de remblais
- Comblement de drains à ciel ouvert
- Abattages de peupleraies et conversion en prairie
- Conversion de  friches en prairies
- Reconnexion de zones humides
 
- Depuis 2014, ce sont près de 7 hectares (70 000 m²) de zones humides qui ont été restaurées, il s’agit de parcelles appartenant à des particuliers, des agriculteurs ou encore des communes.

- En 2015 : restauration de 5 parcelles à Evran, Saint-Samson-sur-Rance et Léhon par des techniques diverses (maitrise de la végétation, abattage de peupliers, reconnexion cours d’eau et zone humide…).

- En 2016, ce seront encore près de 5 ha qui seront restaurés aux Champs-Géraux et à Saint-André-des-Eaux.

 
Réalisation de plan de gestion de zones humides remarquables : Certaines zones humides, de par la biodiversité qu’elles abritent ou leur position essentielle sur le bassin versant, possèdent un caractère remarquable. L’association propose aux propriétaires et aux gestionnaires de ces zones humides la réalisation de plans de gestion permettant de protéger et gérer ces zones humides sur 5 ans ou plus. 
> Contractualisation de mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC): Favoriser l'intégration et la valorisation des zones humides dans l'espace agricole tout en les préservant.