L’agriculture et l’industrie agro-alimentaire

Le recensement agricole de 2010 dénombre 961 exploitations, soit 2.7% des exploitations bretonnes sur 3% de la superficie régionale.
 
Une activité incontournable du territoire
La surface agricole utilisée des communes est de 48 129ha, représentant 56% de la superficie totale du territoire. Ce chiffre légèrement moins élevé que la moyenne régionale (60,1%) s’explique en partie par la présence de Saint-Malo, Dinan et Dinard.
71% des exploitations situées sur le périmètre Rance-Côte d'Emeraude sont costarmoricaines. Elles représentent 7,2% des exploitations des Côtes d'Armor (soit 8,6% de la SAU départementale) tandis que celles qui sont situées en Ille et Vilaine représentent 2,9% des exploitations du département (soit 2,3% de la SAU départementale).
(SAU : Surface agricole utile)
 
En 2006, le territoire compte 2584 actifs agricoles, soit 3,3% du total des emplois. L’importance économique de l’agriculture dans le territoire est moindre par rapport à la moyenne régionale (6,1%).
On observe toutefois d’importantes disparités locales, qui apparaissent dans la part de la SAU des exploitations dans la surface communale et dans la part des actifs agricoles :
- Au sud du territoire, l’activité agricole est prédominante et la part de la SAU dépasse 80% dans la plupart des communes. A  Saint-Maden, la population active compte 40% d’agriculteurs en 2006.
- A un degré moindre, le bassin versant de l’Arguenon, la rive droite du bassin de la Rance et les communes proches, ainsi que les secteurs est et sud-est de Dinan conservent une vocation fortement agricole (SAU>60% de la surface communale).
- Dans les communes situées à l’ouest et au sud-ouest de Dinan, qui se démarquent par la faible représentation des agriculteurs dans la population active, ainsi qu’en rive gauche du bassin de la Rance, l’activité agricole est encore marquante mais la SAU ne dépasseguère 50% de la surface communale.
- A l’exception de Saint-Coulomb où les agriculteurs représentent 5% de la population active, de Trégonet de Matignon, les communes du littoral de la Côte d’Emeraude consacrent une surface restreinte à l’agriculture (moins de 40% pour la plupart des communes). Il n’y a presque plus d’agriculteurs résidents entre Saint-Jacut-de-la-Mer et Saint-Malo.
- Dans les communes à dominante forestière (forêts de Coëtquenet du Mesnil) et dans les communes fortement urbanisées et de faible surface (ex : Dinan, LaRichardais), l’agriculture est peu présente voire devenue quasi inexistante.
 
Des productions agricoles variées
Une vocation principale d’élevage : Les orientations technico-économiquesdesexploitations, ainsi que l’occupation des sols majoritairement tourné vers le maïs et l’herbe traduisent, comme sur l’ensemble du territoire breton une prédominance de l’élevage en particulier celui d’herbivores sur le territoire.
 
Les productions animales :
L’élevage bovin est représenté en 2006 par 645 détenteurs possédant un cheptel total de 51145 animaux, soit 2,5% du cheptel régional. En 2006, les vaches laitières représentent 36% des bovins du territoire, part similaire à la moyenne régionale (35%). La majeure partie de la production laitière est réalisée en Côtes d'Armor (où sont produits 8,6% de la production départementale).
En 2006, 207 sites sont spécialisés dans l’élevage porcin, totalisant une capacité de 215 403 animaux. La quasi-totalité de ces effectifs est recensée sur la partie Côtes d'Armor.
Enfin, avec 44 exploitations en 2004, dont 33 en volailles de chair, l’aviculture est assez peu représentée sur le territoire.
 
L’agriculture maraichère sur le littoral : 
En 2010, sur l’ensemble du territoire, 33 exploitations ont une activité principalement tournée vers le maraîchage ou l’horticulture (classification du Recensement Général Agricole ne prenant pas en compte les légumiers disposant de surfaces importantes en céréales). Ce nombre est en chute libre puisqu’il était encore de 76 en 2000.
Le plateau maraîcher du Clos Poulet au nord est concentre la plupart des exploitations légumières du territoire. Les conditions pédo-climatiques et en particulier les températures douces liées à la proximité de la mer offrent des conditions propices à la production de légumes frais: chou-fleur (produit phare du bassin) choux divers, pomme de terre, poireaux, carotte, céleri-rave ou salade. Laplupartdesmaraîchersspécialiséssontadhérentsà l’organisation de producteurs « Terres de Saint-Malo» soit 104 exploitations en 2010 qui exploitent près de 60% des surfaces en légumes de la zone. 
 
La filière cidricole : Parmi les trois plus grandes cidreries bretonnes, la coopérative «les Celliers associés», implantée à Pleudihen-sur-Rance, commercialise le cidre d’appellation «ValdeRance» . Avec 10 millions de bouteilles par an, elle représente 8 à 9% du marché breton et transforme les pommes d’environ 315 producteurs du grand ouest (dont 214 en Côtes d’Armor et 97 en Ille-et-Vilaine). A côté de ces grandes unités, s’est développée une commercialisation artisanale et fermière, qui bénéficie du développement des circuits courts. Le maillage des producteurs sur le territoire permet d’autre part de maintenir une certaine diversité de cidres.
 
Les signes officiels de qualité
En 2000, lessurfaces en agriculture biologique ou en conversion représentaient 1,1% de la SAU des exploitations. Ces surfaces ont été multipliées par 3 entre 2000 et 2010, permettant d’arriver à 2.7% de la SAU des exploitations. Malgré cette forte augmentation (supérieure à la progression régionale) la part de surface en bio sur le territoire reste en dessous de la moyenne régionale (3,2%).
Sur le territoire, certaines collectivités ont engagé une démarche visant à augmenter la part d'aliments locaux et/ou issus de l'agriculture biologique dans la restauration collective.
Par ailleurs, 13 exploitations sont engagées dans la démarche label rouge (1,4% des exploitations).
En parallèle à ces signes officiels de qualité, une partie des exploitations est également engagée dans une ou plusieurs démarches qualité répondant à des cahiers des charges de production multiples (Bleu Blanc Coeur, Global Gap, Agri confiance…).
 
Importance de la vente directe
En 2010, 145 exploitations (15,1%) pratiquaient la vente directe. Ce chiffre est très supérieur à la moyenne régionale (9,7%) ce qui traduit une tendance historique forte sur le territoire en particulier autour de Dinan et sur la zone littorale profitant de l’afflux touristique estival.
 
La diversification
D’autre part, le territoire se caractérise par une forte tendance à la diversification de l’activité agricole (hébergement, loisir, transformation…). En effet, en 2010, 12,6% des exploitations la pratiquaient ce type de (contre seulement 7,4% à l’échelle régionale). Parmi ces activités de diversification, la plus importante en nombre d’exploitations la pratiquant sur le territoire est l’activité d’hébergement (camping, gîte, chambre d’hôtes…). En 2010, 55 exploitations soit 5,7% des exploitations du territoire la pratiquaient contre à peine 2% à l’échelle régionale.
La diversification concerne aussi l’accueil à la ferme dans un cadre pédagogique, très peu développé sur le territoire. Une ferme pédagogique est présente à Saint-Pierre-de-Plesguen.
En 2012, les réseaux « Bienvenue à la ferme » et « Accueil paysan » comptent sur le territoire respectivement 10 et 2 exploitations adhérentes. Elles proposent diverses prestations en mettant en avant des valeurs d’échange et de proximité et des garanties de qualité.
 
L'industrie agroalimentaire: une marque forte du territoire
L’industrie agroalimentaire représente une filière économique vitale pour le territoire.
Le Groupe Roullier, dont le siège social est implanté à Saint-Malo, appartient au fleuron de l’industrie régionale et affiche sa présence à toutes les étapes de la filière agroalimentaire, depuis l’extraction de matières premières pour la fabrication d’engrais jusqu’à la confection de produits finis. Plusieurs filiales du groupe se répartissent entre les sites de Saint-Malo et Dinard, surtout spécialisées dans la nutrition des plantes et des animaux.
Comme un peu partout en Bretagne, l’importance et la diversité des productions animales ont favorisé le développement des industries de transformation des produits agricoles sous l’impulsion, essentiellement, de groupes coopératifs. Elles fabriquent des produits de plus en plus élaborés qui répondent à la demande de la grande distribution. Au cours des 10 dernières années, il faut noter que la progression de l’emploi salarié de l’agroalimentaire a été parmi les plus fortes de Bretagne dans la zone d’emploi de Dinan (+ de 20%).
Beaucoup d’établissements de la filière sont spécialisés dans la viande ou la nutrition animale, telle l’entreprise Calcialiment à Pleudihen-sur-Rance. Située à Collinée, ou l’entreprise Kermené qui constitue le débouché de bon nombre des élevages du territoire.
Le lait et les produits laitiers représentent un autre secteur à fort poids économique. Les laiteries de Créhen et de Saint-Malo jouissent de la forte notoriété de leurs produits.
La fabrication industrielle de pain, galettes, pâtisserie fraîche ou de conservation, biscuiterie ou biscotterie (craquelins) génère également un tissu fourni d’établissements de toutes tailles. Les « gavottes de Dinan » sont devenues une entreprise emblématique du territoire. Enfin, ce dernier se démarque par l’importance du secteur des boissons, grâce à l’eau minérale naturelle produite à la source Sassay de Plancoët et au cidre de l’entreprise Cellier et associés de Pleudihen-sur-Rance.