Historique du projet Rance

Le site de Lyvet, à l’aval de l’écluse du Chatelier (Saint-Samson-sur-Rance/ La Vicomté-sur Rance), a fait l’objet de 5 opérations d’extraction/valorisation de sédiments marins depuis le début des années 90.

Expérimentation privée en 1993 :

Cette première extraction a été réalisée à l’aide d’une pelle mécanique et par transport routier pour un volume extrait de 3 000 m3. Cette opération a été financée par le CG 22 à hauteur de 250 000 F soit un montant de 38 000 €.
 
 
Une dizaine d’agriculteurs locaux  mobilisés par l’antenne de Dinan de la Chambre d’agriculture des Cotes d’Armor a testé l’intérêt agronomique de la marne. Certains d’entre eux avaient connus cette pratique dans leur jeunesse lorsque que la vase était extraite à la main et chargée dans des charrettes tirées par des chevaux. En 1993, c’est avec leurs propres tracteurs et chargés à la pelle mécanique que l’opération a été conduite en fin d’été. Le résultat majeur de cette expérimentation est le lien à nouveau renoué entre marne et agriculture.
 
 
 
 
 
 
 

Nouvelle extraction en 1996 :

Un des quatre volets d’actions du Contrat de Baie de la Rance (1994-2005) visait à « gérer les sédiments excédentaires de la Rance ».
Cette seconde expérimentation, a consisté à extraire à nouveau par pelle mécanique et transport routier  10 000 m3 de sédiments (étude technique préalable, phase 1 du Contrat de Baie de la Rance). Cette opération visait à créer un piège à sédiments (fosse de 3 ha sur 3 m de profondeur) permettant, après travaux, de capter les sédiments mobiles se déplaçant à l’amont de l’estuaire, tout en réduisant fortement l’emprise de l’impact biologique des travaux sur le site.
 
Les objectifs majeurs étaient :
-de confirmer l’intérêt agronomique de l’utilisation des marnes en agriculture,
-de tester le concept de piège à sédiments,
-de préciser le mode d’extraction et ses limites.

Si l’utilisation agricole de la marne (ici directe puisque épandue quelques minutes après être extraite de la Rance), sera confirmée, et si l’observation du remplissage du piège créé et des impacts de sa création ont permis la validation de ce concept, la technique par extraction à la pelle et transport routier ont montré leurs limites. Le transport routier de ces 10 000 m3 depuis le pont de Lyvet constitue une limite qui n’autorise pas la réalisation d’un chantier de plusieurs dizaines de milliers de m3 avec cette technique. L’utilisation de technique d’hydro-curage sera donc privilégiée par la suite.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cette expérience s'est révélée positive et très prometteuse : les matières en suspension apportées à chaque marée, viennent buter contre l'écluse du Châtelier, puis se dirigent dans le piège créé en bordure du chenal. Les sédiments s'y déposent en masse du fait de la chute des vitesses du courant dans ce secteur plus profond. A chaque cycle de marée le taux de sédimentation est énorme. Cette méthode allie donc le curatif (création du piège) et le préventif (captation des apports excédentaires en suspension).
Le piégeage des sédiments dans les zones soumises à un envasement important constitue une solution respectueuse de l'environnement pour gérer les apports sédimentaires de l'estuaire. En effet cette méthode permet une extraction portant peu atteinte à l'environnement au vu de la surface traitée (curage plus en profondeur qu'en surface).
Les études post réalisation et les dispositifs de surveillance installés sur différentes vasières de l’estuaire ont montré que ce type de piège à sédiments permettait la gestion des sédiments sur un site sensible comme l’est l’estuaire de la Rance (Jigorel & al, 2012).

La création d’un piège expérimental en 2000-2001 :

Cette extraction a été réalisée par hydro-curage pour un volume de 93 000 m3 (phase 2 du Contrat de Baie de la Rance).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les expérimentations et travaux antérieurs ont montré l'intérêt de ces opérations de gestion raisonnée, en particulier l'efficacité du « piégeage » des sédiments sur un site confiné comme Lyvet. Le curage de ce piège, constitué en 2000/2001, est nécessaire puisque, sa saturation ne le rend plus opérant vis-à-vis des sédiments qui, de nouveau, colmatent le chenal, en particulier durant l'étiage de la Rance.
Le rendement de « capture » du piège étant lié à son taux de remplissage, son curage régulier est nécessaire.
 
 
L'hydro-curage des 60 à 70 000 m³ de sédiments que le piège capture nécessite un système complexe de bassins de décantation implantable sur une surface d'environ 6 à 8 hectares. La disponibilité d'une telle surface est rare à l'échelle de l'estuaire et sa proximité avec Lyvet est nécessaire pour optimiser le chantier de curage. Le choix de maîtriser foncièrement le site de décantation a conduit COEUR Emeraude à conventionner, avec la Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural de Bretagne (SAFER Bretagne), la veille du marché foncier et la constitution de réserves foncières, la totalité du financement étant assurée par EDF.

 

 

 

 

 

 

Curage du piège de Lyvet 2014-2015 :

Depuis la mi-septembre 2014 plusieurs phases de travaux se sont déroulées pour réaliser la station de transit des sédiments avant la phase proprement dite de dragage du piège. (voir notre onglet curage du piège qui détaille les travaux menés durant l'hiver 2014-2015 à Lyvet 2)
Le curage du piège et le remplissage des lagunes aura finalement duré 99 jours entre le 22 novembre 2014 et le 10 mars 2015 pour le curage du piège, et un dragage jusqu’au 18 mars pour le chenal avec un arrêt des travaux durant les fêtes entre le 20 décembre et le 6 janvier.
65 000 m3 de sédiments ont été extraits pendant cette dernière expérimentation. Ce projet de plus de 1,5 M€ (dont environ la moitié pour le curage) aura été financé par EDF (79,5 %), les intercommunalités riveraines (CC Côte Emeraude ; CC Rance Frémur, Dinan Communauté, Saint Malo Agglomération ; 10,3 %), la Région Bretagne (7,4 %), le port de Plouër sur Rance (1,5 %) dans le cadre d'une mutualisation de travaux et, le ministère de l’Ecologie via la Réserve parlementaire (1,3 %).