Les activités maritimes

Le territoire Rance-Côte d’Emeraude est riche d’activités liées à la mer diversifiées : pêche, conchyliculture, algoculture, etc. et leurs filières de transformation ; les activités portuaires, la construction et la réparation navale, etc. Ces activités sont garantes pour le territoire du maintien d’une activité locale importante. En prise directe avec les milieux, elles participent à la gestion des ressources naturelles, au façonnage des paysages, et contribuent fortement à l’identité locale.
 
Les pêches côtières, au large, à pied et en plongée
La pêche côtière s’exerce sur toute la façade littorale, à l’exclusion des zones interdites à cette activité. Les prélèvements concernent essentiellement les coquilles Saint-Jacques, bulots, bivalves divers (praires, pétoncles, amandes), seiches, crustacés (araignées de mer, homards…) et poissons. Saint-Malo est de loin le principal port de pêche du territoire, suivi par Saint-Cast-le-Guildo et Cancale. L’utilisation de l’espace et des ressources par les métiers de la pêche sont mis en œuvre par les 2 comités départementaux des pêches maritimes et des élevages marins ayant chacun compétence pour leur secteur maritime.
L’exercice de la pêche à pied professionnelle est conditionnée au classement sanitaire des gisements, selon 4 classes : A (commercialisation directe possible), B (purification légère en bassin), C (purification thermique obligatoire), D (pêche et commercialisation interdites). En Rance, la principale zone d’activité est située dans l’anse de Vigneux (La Ville-ès-Nonais), classée B. Les prélèvements s’opèrent essentiellement sur la palourde japonaise, espèce invasive qui a totalement supplanté l’espèce locale. Le gisement de la Ville Ger (Pleudihen-sur-Rance), classé C, faisait l’objet d’une réglementation très encadrée. L’amélioration de la qualité sanitaire sur ce secteur a permis en 2012 de reclasser temporairement (période estivale) ce gisement en B, facilitant ainsi les modalités d’exploitation de cette ressource. L’encadrement et la réglementation récente (2011) de cette activité professionnelle se sont accompagnés de la mise en place de règles et de conditions d’accès aux différentes pêcheries permettant de mieux gérer les ressources.
Enfin, le bassin maritime de la Rance fait l’objet depuis plusieurs années d’une activité de pêche en plongée bouteille. Trois licences « bivalves » ont ainsi été accordées sur le secteur « Ille & Vilaine » puis 2 sur la zone costarmoricaine. Le quota annuel est de 6 tonnes de coquilles (Pecten maximus), 6 tonnes d’huîtres plates et 2 tonnes de praires. La qualité du produit est exceptionnelle compte tenu de la méthode de prélèvement, moins agressive que la drague traditionnelle. Dans un souci de gestion durable de cette ressource, les professionnels s’imposent de façon volontaire une taille minimale de capture nettement supérieure à la valeur réglementaire. L’écoulement de la pêche se fait actuellement par des mareyeurs agréés, qui visent un marché de niche constitué par exemple de restaurateurs, l’écoulement direct sur les marchés locaux n’étant quant à lui pas autorisé du fait du classement sanitaire du gisement. Une action concertée de valorisation du produit serait à engager pour son optimisation.
 
L’aquaculture, pôle d’activité majeur des Baies de la Fresnaye et de l’Arguenon
 
La conchyliculture : L’activité conchylicole du territoire est essentiellement présente dans les Baies de la Fresnaye et de l’Arguenon, qui accueillent en 2005 24 entreprises conchylicoles, et dans la baie de Cancale. La production se situe entre 6000 et 8000 tonnes de coquillages par an, le quart de la production étant mis sur le marché dans le réseau local (marchés, restaurants, poissonneries…). La conchyliculture est représentée sur le territoire par l’ostréiculture et la mytiliculture.
L’huître indigène du territoire est l’huître plate, supplantée pour la production par l’huître creuse.
L’ostréiculture est sujette à un pic d’activité saisonnier. Le principal et le plus ancien centre d’activité ostréicole du territoire, dans les baies de la Fresnaye et de l’Arguenon, a produit en 2005 près de 800 tonnes d’huîtres creuses, représentant 3% de la production régionale. La plupart des entreprises gèrent l’ensemble de la filière de production depuis l’achat des naissains jusqu’à la commercialisation, générant ainsi une part importante d’emplois locaux. Il existe également une petite activité ostréicole dans le bassin maritime de la Rance, situé à l’embouchure du bras de Chateauneuf qui réalise la seule phase de pré-grossissement.
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En 2005, la production mytilicole atteint 2200 tonnes soit 13% de la production bretonne. La mytiliculture n’est pas sujette au même pic d’activité saisonnier que l’ostréiculture. Les moules sont exclusivement produites sur bouchots. L’espèce élevée, Mytilusedulis, n’est pas l’espèce indigène en Bretagne nord (Mytilusgalloprovincialis) qui reste présente dans le milieu naturel.
 
L’algoculture : Dans le bassin maritime de la Rance s’est implantée récemment une activité de culture d’algues. Outre des espèces locales, l’espèce japonaise Undaria pinnatifida (le « Wakamé ») ou « fougère de mer », introduite en Bretagne à la fin du XXème siècle et servant à l’alimentation humaine est exploitée.
 
Le transport maritime
La compagnie Corsaires, qui compte 5 ports de départ sur le territoire, est l’héritière du service de navette entre Dinard et Saint-Malo mis en place au début du XXème siècle. Son activité s’organise autour de trajets et croisières en Rance, sur la Côte d’Emeraude et vers les îles Jersey, Cézembre et Chausey.
La gare maritime du Naye à Saint-Malo est un lieu de transit majeur des échanges entre la France et l’Angleterre. La liaison entre Saint-Malo et Portsmouth est assurée par la compagnie Brittany ferries.
Par ailleurs, au-delà de ces transports de passagers sur de courtes distances, plusieurs dizaines de paquebots jettent l’ancre tous les ans à Saint-Malo pour une escale qui vient alimenter de nombreux secteurs de l’activité économique de la ville.
 
La filière nautique
Historiquement, la rive gauche de la Rance, entre Le Minihic-sur-Rance et La Richardais, est le lieu d’accueil privilégié des chantiers navals, capables d’assurer la construction et la réparation des bateaux. Il en existe encore sept aujourd’hui, parmi eux l’emblématique site de la Landriais et sa cale sèche classée monument historique. D’autres chantiers navals sont concentrés dans le port de Saint-Malo, et de façon plus éparse le long de la Côte d’Emeraude. L’activité des chantiers navals est indissociable de la conservation ou de la reconstruction des bateaux du patrimoine. Le dynamisme de la plaisance et l’ancrage de la pêche sur le territoire se traduisent encore par l’existence de nombreuses entreprises assurant la vente et le gardiennage de bateaux, ainsi que la fourniture de matériel. Ces entreprises sont en général de petites tailles et situées dans les zones d’activités, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres du littoral. Enfin, bien que le développement des ports à sec soit limité par les difficultés de mise à l’eau dues au marnage, qui imposeraient l’installation d’aménagements lourds, en Rance, il existe une activité dans l’anse du Grand Val (Le Minihic-sur-Rance).